Orientation : déconstruire les clichés pour ouvrir le champ des possibles

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En 2023, le label Grande cause nationale était dédié au « Mentorat au service de l’émancipation professionnelle des jeunes ». Cette cause résonne profondément avec les actions de l’E.S.A, qui en plus d’accompagner des enfants en difficultés dans leur parcours scolaire, porte une attention particulière sur leur orientation, première étape de l’épanouissement professionnel. En effet, un tiers des mentors de l’E.S.A abordent le sujet avec les jeunes concernés. Pour que l’enfant y voit plus clair, l’E.S.A propose à ses mentors de participer à des formations et met à leur disposition des supports, afin qu’ils puissent au mieux aider les jeunes qu’ils encadrent.  

 

S’orienter, c’est aussi se construire 

L’orientation n’est pas une simple étape administrative ou une case à cocher dans le parcours scolaire. C’est une phase importante dans le développement personnel des jeunes, qui détermine leur avenir professionnel et qui participe à leur confiance en eux. Elle oblige à se projeter et à réfléchir à ce que l’on veut faire, ses qualités, etc.

Pour beaucoup d’élèves, cette réflexion peut être angoissante à cause d’un manque de connaissance sur les métiers ou les parcours possibles, de pression familiale ou sociale, ou encore d’une faible estime de soi.

Face à cela, les mentors jouent un rôle d’autant plus précieux puisqu’ils sont à l’écoute, capables de créer un climat de confiance propice à l’échange, et sans aucun jugement. Ils peuvent seconder les jeunes dans leurs recherches et leur donner différentes clés, soit en les aidant à trouver un parcours qui leur plaît et qui leur est accessible, ou bien en adaptant l’accompagnement pour parvenir à intégrer la filière souhaitée. Ils participent aussi à la déconstruction des préjugés sur certains parcours. 

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Des représentations encore trop rigides

En France, certaines filières continuent de souffrir d’une image stéréotypée. La voie générale est encore trop souvent perçue comme la seule voie « d’excellence », tandis que les filières technologiques ou professionnelles sont vues comme des choix de second ordre. Ces représentations sont profondément ancrées dans les mentalités, parfois même inconsciemment relayées par les établissements scolaires ou les familles. Il en va de même pour les classes aménagées, type « SEGPA ».

Les métiers manuels, pourtant essentiels, souffrent encore d’un manque de valorisation. Et l’alternance, malgré ses nombreux avantages (pédagogie active, insertion rapide, rémunération), reste peu choisie. Résultat : certains jeunes écartent des options qui pourraient parfaitement leur convenir, sous prétexte qu’elles sont « moins bonnes » que la voie générale. 

Les médias, les réseaux sociaux, et parfois même les films ou séries participent également à ces représentations biaisées : les métiers intellectuels sont glorifiés, les parcours « atypiques » souvent invisibilisés, et les réussites issues de filières professionnelles rarement mises en lumière. 

Cependant, certains jeunes ont à cœur de participer à la déconstruction de ces clichés. 

« Je suis en première en bac professionnel technicienne en prothèse dentaire. Je suis très contente de ce bac. J’ai voulu faire un parcours professionnel, parce que je peux apprendre directement auprès des spécialistes, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi un bac pro plutôt que général : pour me former et entrer rapidement dans le monde du travail. Après avoir obtenu mon bac, je veux continuer mes études en BTS (brevet de technicien supérieur) ou BTM (brevet technique des métiers) Prothèse Dentaire. » - Inès, accompagnée par l’E.S.A depuis 4 ans.

 

Les stéréotypes passent aussi par les mots du quotidien.

Les clichés en matière d'orientation ne se manifestent pas seulement dans les grandes injonctions sociales, ils s'infiltrent aussi dans les petites phrases du quotidien, parfois sans que personne n'en prenne conscience.

Une étude récente de l'Institut des Politiques Publiques (IPP) l'illustre de façon saisissante : en analysant plus de 600 000 bulletins scolaires de terminales scientifiques, les chercheurs ont constaté qu'à niveau égal, les enseignants ne décrivent pas les filles et les garçons de la même façon. Les filles sont plus souvent qualifiées de "sérieuses", "appliquées" ou "manquant de confiance" ; les garçons, eux, de "doués", "ayant du potentiel" ou "à l'aise". Ces formulations, souvent involontaires, ne sont pas neutres : le vocabulaire utilisé permettait de prédire le sexe de l'élève dans 64 % des cas, contre 50 % si les descriptions avaient été réellement neutres.

Ce phénomène a des conséquences concrètes. Selon l'enquête Gender Scan 2025, plus de 40 % des étudiantes déclarent avoir déjà été dissuadées de s'orienter vers des filières scientifiques ou techniques.

Et ceux qui exercent le plus d'influence ne sont pas toujours les parents, ce sont souvent les enseignants et adultes référents qui, par leurs mots, leurs réactions ou leurs silences, orientent les ambitions des jeunes.

C'est là que le rôle du mentor E.S.A prend tout son sens : poser une question différente, valoriser une compétence inattendue, partager un parcours atypique, ou simplement dire "tu pourrais complètement faire ça" ces gestes en apparence anodins peuvent profondément changer la trajectoire d'un jeune.

 

Choisir, c’est d’abord connaître 

Selon une étude menée par Zup de Co et l’Ifop en juin 2025, 85% des jeunes (18-24 ans) « dénoncent une orientation imposée ». Un chiffre qui laisse entendre que les jeunes ne sont pas suffisamment accompagnés dans leurs choix d’orientation. Ce constat souligne l'importance du mentorat pour ouvrir le champ des possibles

À l’E.S.A, nous sommes convaincus que le pouvoir de choisir son orientation passe d’abord par une meilleure connaissance de soi et du monde professionnel. C’est pourquoi nous encourageons les échanges autour des centres d’intérêt, des valeurs, des aptitudes, mais aussi autour de la diversité des métiers et des parcours.  

 

Un accompagnement structuré et accessible

Loin de s’improviser conseiller d’orientation, le mentor E.S.A agi comme un éclaireur, un facilitateur. Il ne s’agit pas de décider à la place du jeune, mais de lui donner les outils nécessaires pour construire son propre projet

 

Pour cela, l’association propose un accompagnement structuré : 

  • Des formations spécifiques pour les bénévoles souhaitant approfondir la thématique de l’orientation, parmi lesquelles « Aider les jeunes à découvrir leurs talents : les clés pour une orientation réussie » ou encore « Le lycée professionnel : une voie de la réussite » ;
  • Des supports pratiques : fiches métiers, exercices d’introspection, pistes pour aborder les différents types de filières ;
  • Des activités extérieures, comme des visites d’entreprises, des rencontres avec des professionnels, des échanges avec la Chambre des Métiers, ou encore des ateliers pratiques avec des partenaires comme LCL.

 

Cette approche permet aux jeunes de se projeter concrètement, de mieux comprendre le fonctionnement du monde professionnel, et parfois même de découvrir de nouveaux centres d’intérêts. 

Et les résultats sont là : 

  • 83% des mentors ont accompagné un jeune qui se posait des questions sur son orientation ;
  • Et 75% des jeunes accompagnés déclarent y voir plus clair dans leur orientation grâce à l’E.S.A.

Parmi eux se trouvent Amélie, avec Barry, le jeune qu’elle accompagne depuis 2 ans et qui est actuellement en 3e. Barry a confié son rêve à sa mentore: «construire des stades de foot». Grâce au réseau de bénévoles de son antenne E.S.A, Amélie lui a trouver une opportunité de stage auprès d’un architecte. Barry a rédigé sa lettre de motivation et préparé un CV, avant de passer un entretien avec l’architecte. En une semaine, il a pu rencontrer différentes personnes de l’entreprise, découvrir des projets, construire des plans et des maquettes 3D par ordinateur. Cette semaine lui a plu et a porté ses fruits :  il a eu 18/20 à son exposé! 

 

Ouvrir le champ des possibles : un acte d’émancipation 

L’orientation ne devrait jamais être un processus subi. Elle doit être l’occasion pour chaque jeune d’explorer ses talents, de découvrir des voies qu’il ne connaissait pas, de s’autoriser à rêver, mais aussi à tester, à bifurquer, à réajuster. 

En élargissant le champ des possibles, en luttant contre les stéréotypes et en valorisant toutes les formes de réussite, le mentorat joue un rôle central dans l’émancipation personnelle et professionnelle des jeunes. 

À l’E.S.A, nous croyons profondément qu’un jeune bien orienté et accompagné est un jeune mieux armé pour affronter l’avenir, quel que soit le chemin qu’il choisit d’emprunter. 

Elise Akopcan_ Marie et Sofia (12)

Marie-Christine accompagne Sofia depuis 4 ans, elle est maintenant en 5e générale. Grâce à l’aide de la mentore, la famille de Sofia est parvenue à faire une demande de PAP (plan d’accompagnement personnalisé). Avec cet accompagnement, Sofia parvient enfin à s’épanouir à l’école et s’est nettement améliorée au cours de sa cinquième.

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